En Guinée, les débats sur le président Ahmed Sékou Touré et Thierno Monénembo tournent souvent au règlement de comptes ethnique et peut être même dévoile la vraie face des saints sur Facebook. D’un côté, idolâtrer Sékou Touré comme un saint, de l’autre, le traîner dans la boue comme un démon. À l’inverse, Thierno Monénembo est soit un ethno, soit un héros. Mais l’histoire est-elle si simple ? Et si, au lieu de céder aux passions communautaires, nous assumions une lecture plus nuancée ?
Sékou Touré : Un héritage complexe, ni tout noir ni tout blanc. (Ne dites pas que c’est un des équilibristes suivez plutôt mon raisonnement bande de pressés)

Un dirigeant autoritaire, mais pas uniquement « anti-peul »

Le régime de Sékou a commis des exécutions, des emprisonnements et des répressions (Camp Boiro a existé, la révolte des femmes à eu lieu). Nier cela, c’est nier à l’évidence et manquer de respect aux victimes. Mais ces violences visaient tous ses opposants, pas une ethnie ou un groupe en particulier et de surcroit tout le monde n’était innocent. Son combat était politique (maintien du pouvoir), pas ethnique. Réduire Sékou Touré à « l’oppresseur des Peuls », c’est ignorer que des Peuls ont aussi servi sous son régime, et que ses victimes étaient de toutes les ethnies. Sous le règne de Lansana Conté les malinkés à un moment donné ont subi plus de violence d’Etat que n’importe quelle autre ethnie. La seule et juste explication à cela est que le RPG majoritairement Malinké était la première force politique de l’opposition. Même situation de 58 à 84 et même situation de 2010 à 2021 et ça promet de continuer encore et encore. Cette violence est une violence d’Etat et c’est à l’Etat de la reconnaitre et de la réparer. Une seule excuse solennelle à l’égard des victimes peut mettre un terme à cette histoire.

Un patrimoine national, pas une propriété communautaire

On nous a appris à l’école que Sékou Touré a dit un jour « l’esprit communautariste tue l’esprit nationaliste ». Comme tout ancien président, il appartient à l’histoire de tous les Guinéens. On peut et on doit critiquer ses excès sans nier son rôle dans la construction nationale. Je vous renvoie au livre Position et proposition de Bailo Telivel Diallo, vous allez comprendre, pas qu’une autre version mais un autre angle de l’histoire du premier régime largement méconnu.

Thierno Monénembo : Un écrivain qui dérange, pas un « ethnocentriste »

En tant qu’écrivain, son rôle est de dire les vérités qui fâchent. Sa mission est d’explorer les tabous, y compris les violences du passé. Ses critiques contre Sékou Touré s’inscrivent dans cette logique, pas dans une vengeance ethnique. L’accuser d’ethnocentrisme est un argument injuste et facile parce que ses romans que nous avons tous lu au lycée ne se limitent pas aux Peuls, ils racontent la Guinée dans sa diversité. Personne n’est exempté de critique mais celui qui traite le vieux d’ethno est de nature bête mais le plus téméraire dans la bêtise est celui qui essaye de le défendre. C’est comme s’il passait son temps à expliquer à un fou qu’il est fou.

Reprocher Thierno son origine, c’est tomber dans le piège de ceux qui réduisent Sékou Touré à son ethnie ou ceux-ci sont tombés dans votre piège. Personne ne sait celui qui a tendu le piège. Ceux qui critiquent diront que c’est parce qu’ils chantent les louanges du bourreau, et ceux qui défendent dirons également que c’est parce qu’ils sabotent le père fondateur. De toutes les façons si quelqu’un veut prendre ça comme devoir de maison, sache que personne ne va corriger ta copie.
Le vrai problème dans ce débat réside dans le fait que des intellectuels de haut rang (Docteur, Doctorant, Administrateur et même des anciens ministres… manquent de courage et d’objectivité sur un sujet aussi commun qu’on veut particulariser à l’échelle nationale. Mais je ne vous en tiens pas rigueur. Pas trop. Car un homme sage à dit un jour : si l’objectivité est si rare c’est parce qu’elle n’est naturelle. De toutes les façons, un intellectuel, c’est fait pour réfléchir. Pas pour exhiber ses émotions à chaque occasion. Malgré que de nos jours chacun à sa propre définition de l’intellectuel dans poche qu’il montre à ses proches.

Les pro Sékhou qui refusent toute critique défendent  » Tonton Sékhou » de cette manière par émotion, pas par analyse. Or, le vrai patriotisme suppose de reconnaître les ombres comme les lumières. Je me rappelle une fois quand un ami m’a demandé de lui citer 5 personnages de l’histoire que je considère comme des grands hommes, après qui s’est offusqué lorsque j’ai cité Joseph Goebbels à la 4 position alors qu’on ne résume pas une personne à une seule face. Diaboliser par d’autres dans notre pays, mais Sékou Touré est récemment cité par Constant Mutamba (ministre de la justice de la RDC) comme un modèle. C’est cela l’histoire.

Les anti-Sé