Demain, la Guinée fêtera 67 ans d’indépendance. Mais une question fondamentale se pose : de quoi pouvons-nous réellement être fiers aujourd’hui ? Quels acquis concrets avons-nous à mettre en avant, et quelles perspectives pouvons-nous offrir aux générations futures ?
Depuis le 5 septembre, notre pays traverse une période marquée par un recul démocratique sans précédent, inégalé depuis la disparition d’Ahmed Sékou Touré. Nous assistons à l’exil forcé de leaders politiques, à des arrestations arbitraires sans procès équitable, à des enlèvements d’opposants, à la fermeture de médias, à une insécurité grandissante. Le chômage atteint des sommets alarmants, tandis que le taux d’homicides volontaires ne cesse de croître.
Comment pouvons-nous célébrer l’indépendance dans un tel contexte, alors que la Guinée semble assise sur un volcan, sans véritable vision d’avenir, où le mal l’emporte trop souvent sur le bien ?
Un écrivain disait : « Si hier c’était le banc colonial qu’il fallait accuser de notre retard, aujourd’hui, ce sont nos propres frères qu’il faut interpeller. »
La véritable indépendance n’est pas seulement une date historique à commémorer. Elle doit se traduire dans la justice, la liberté, la dignité, l’égalité des chances et le progrès partagé. Sans cela, notre fête nationale ne sera qu’un rituel vide, déconnecté des réalités vécues par le peuple.