Hier encore, Bah Oury se présentait comme l’un des visages les plus visibles de la défense de la démocratie en Guinée. Président du comité d’organisation de la grande marche du 28 septembre 2009 contre la tentative de confiscation du pouvoir par Moussa Dadis Camara, il incarnait aux yeux de beaucoup la fermeté républicaine, le refus de l’arbitraire, la défense de la souveraineté populaire face aux dérives militaires.

Mais voilà qu’aujourd’hui, le même homme se retrouve directeur de campagne d’un autre militaire, Mamadi Doumbouya, qui s’inscrit dans la même logique : s’installer durablement au pouvoir, au mépris des principes républicains qu’il avait lui-même brandis le 5 septembre 2021.

Quelle contradiction
Quel renversement
Quelle déception ?
Comment l’ancien défenseur du refus de la militarisation du pouvoir peut-il, sans trembler, soutenir un projet de confiscation similaire ?
Comment celui qui dénonçait hier l’ambition d’un soldat pour briguer la magistrature suprême peut-il aujourd’hui justifier la même dérive ?
Où est passé le sens du combat ? Où s’est dissoute la cohérence du discours ?

La réponse semble malheureusement évidente :
le combat n’était pas pour la démocratie, mais pour lui-même.

À travers ce choix, Bah Oury donne l’image d’un homme qui, une fois encore, change de position en fonction du vent, au détriment de la constance idéologique.
Ce n’est plus le peuple, ce n’est plus la République : c’est un agenda personnel qui prime.

Le démocrate de Pita, autrefois brandi comme symbole de résistance, se retrouve aujourd’hui aux côtés de ce qu’il combattait hier.
Il a renié l’histoire, les principes, et les martyrs dont le sang a coulé un certain 28 septembre.

Car oui, ce que le peuple n’a pas permis à Dadis,
il ne l’acceptera pas davantage de Doumbouya.

Face à cette volte-face, le sentiment dominant est clair :
la déception.
Une déception profonde, presque amère.

Bah Oury aurait pu être de ceux qui donnent espoir,
il a choisi plutôt de laisser une page d’incohérence dans l’histoire.
Libre à lui.
Mais libre au peuple de s’en souvenir.