La procédure judiciaire visant le colonel Bienvenu Lamah connaît un tournant majeur. Jusqu’ici poursuivi pour complicité de meurtre, assassinat, viol et torture, l’officier est désormais visé par une demande de requalification des faits en crimes contre l’humanité, formulée par le ministère public.
Dans son réquisitoire, le parquet a invoqué la responsabilité hiérarchique du colonel, estimant qu’en tant qu’instructeur et autorité principale du centre de formation de Kaliah, il exerçait un contrôle effectif sur les recrues impliquées dans le massacre du stade de Conakry. L’accusation soutient que les exactions étaient organisées, planifiées et dirigées contre une population civile opposée à la candidature de Moussa Dadis Camara, entrant ainsi dans le champ du Code pénal guinéen et du Statut de Rome.
Le ministère public affirme que l’accusé « savait ou ne pouvait ignorer » la commission de ces crimes, justifiant selon lui la requalification sur la base de la responsabilité du supérieur hiérarchique. Les avocats de la partie civile ont appuyé cette demande, jugeant les faits suffisamment établis.
La défense, en revanche, s’y oppose fermement. Les conseils du colonel Lamah contestent toute implication de leur client, affirmant qu’il ne détenait aucun commandement effectif et n’avait pas connaissance de la répression. Me Zézé Kalivogui a également dénoncé une démarche irrégulière, rappelant que son client avait déjà bénéficié d’un non-lieu en première instance et en appel.
Le tribunal a mis la question en délibéré, avec une décision attendue lors de l’audience du mardi 13 janvier 2026.



