Au Tribunal de Première Instance de Dubréka, une affaire de diffusion de vidéos liées à un tournoi de football oppose Louis Pasco Camara à Ibrahima Sorry Diallo.

Le dossier porte sur des faits présumés d’outrage, de diffamation, de dénigrement et d’injures, à travers notamment des propos tels que « délégation spéciale zéro » ou encore « des corrompus ».

 

Selon les accusations, des vidéos publiées sur les réseaux sociaux mettraient en cause une délégation spéciale, notamment Sonna Madi Doumbouya, bien que cette dernière ne soit plus en fonction au moment des faits.

 

À la barre, l’accusé Louis Pasco Camara, rejette toute responsabilité dans la diffusion des contenus :

« Ibrahima sorry Diallo a porté plainte pour diffamation. Quand j’ai reçu la convocation, j’ai informé le Commandant que je viendrai le samedi, ce qu’il a accepté. Une fois sur place, il a affirmé avoir contacté certains médias qui lui ont dit que quelqu’un leur avait transmis la vidéo. Il est convaincu que c’est moi qui ai monté ces vidéos, parce que je suis informaticien. Il dit aussi que j’ai participé à l’événement, pris les images et publié pour diffamer la délégation. »

 

L’enseignant reconnaît sa présence lors de la finale, mais nie toute implication dans la publication :

« Quand l’officier m’a posé la question, j’ai répondu que j’étais présent, bien sûr, car mon équipe jouait la finale. J’ai pris des vidéos souvenir, mais je ne les ai jamais publiées. Je n’ai ni monté ni participé au montage de ces vidéos, encore moins à leur diffusion. »

 

S’interrogeant sur les raisons de cette plainte, il évoque un possible différend politique :

« Je me pose la même question. Nous avons évolué dans la même coalition. À un moment, ils ont été sanctionnés puis se sont retirés, pendant que nous avons continué. Cela peut être un mobile pour se venger de moi. »

 

De son côté, Ibrahima Sorry Diallo affirme disposer d’éléments incriminants :

« C’est une compétition apolitique organisée depuis le mois de Ramadan avec seize équipes. Le jour de la finale, vers 17h, tout le monde a vu M. Pasco filmer les banderoles et l’arrivée de la délégation. Le lendemain, les vidéos se sont retrouvées sur les réseaux sociaux. »

 

Il ajoute :

« Nous avons des audios dans lesquels il tient aussi des propos diffamatoires. Nous avons comparé ces images avec ses anciennes vidéos et nous avons conclu que c’est lui. Nous avons tenté de régler l’affaire à l’amiable, mais il a refusé. Nous avons donc décidé de porter plainte. Nous avons même retrouvé le site qui a publié les vidéos. »

 

Ibrahima Sorry Diallo précise le contexte de l’événement :

« Ce tournoi a été organisé pour soutenir notre président du conseil de quartier. Nous avons même distribué des satisfecit. »

 

Réaction de l’ancien vice-maire

 

Cité dans l’affaire, Sonna Madi Doumbouya, ancien Vice-Maire, rejette toute accusation politique :

« J’ai été invité comme personne ressource, car j’ai toujours soutenu ces jeunes, même avant d’être vice-maire. Ce tournoi a été lancé avant le Ramadan, donc avant la note d’interdiction. On m’accuse à tort de faire campagne ou de m’opposer à la décision de l’État. Je ne connais pas la personne mise en cause pour parler de vengeance. »

 

Il faut signaler que cette affaire intervient dans un contexte où toute forme de campagne est interdite sur le territoire national jusqu’à la date fixée par les autorités compétentes, notamment la Direction générale des élections.

Le procès a été renvoyé au 6 mai 2025, afin de permettre à la partie civile de produire des preuves supplémentaires. D’ici là, les différentes versions restent opposées, laissant à la justice le soin de trancher.