Ce lundi, 8 juin 2026 Devant la presse, les citoyens et les partenaires techniques et financiers réunis ce lundi dans un hôtel de la capitale, le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara, a dressé un état des lieux sans détour de son département. Accompagné de ses directeurs sectoriels, il a présenté les axes majeurs du gouvernement pour répondre aux urgences sociales liées à l’eau, aux déchets et à l’énergie domestique.
1. « Assainissement : combler des décennies de retard »
Pour le ministre, les carences du secteur sont structurelles et pèsent directement sur la santé publique et la dignité des populations. « Nous faisons face à plusieurs décennies de sous-investissements, fragilisés par l’absence d’infrastructures et des carences de gestion », a-t-il reconnu.
La décharge principale de Conakry arrive à saturation, les réseaux de drainage sont insuffisants et la collecte des ordures reste embryonnaire. Face à ce constat, le département a engagé une refonte de la Politique nationale de l’assainissement et des schémas directeurs. L’objectif affiché : intégrer l’économie circulaire, anticiper la pression démographique et s’aligner sur les orientations du programme Simandou 2040.
2. « Eau potable : un plan d’urgence pour le monde rural «
Si la pénurie touche les centres urbains, la situation en milieu rural est jugée tout aussi préoccupante. Faisant suite aux rapports des conseillers du CNT après leurs missions de terrain, le Chef de l’État a validé un plan d’urgence appuyé par le ministère des Finances.
Sans détailler le calendrier, Aboubacar Camara a évoqué des « avancées lentes mais sûres » sur plusieurs chantiers nationaux et annoncé une mesure de grande ampleur destinée à améliorer durablement l’accès à l’eau potable dans les villages et sous-préfectures.
3. « Hydrocarbures : le gaz butane comme levier sanitaire et social »
Le troisième pilier du plan ministériel concerne la généralisation du gaz de pétrole liquéfié (GPL). Le ministre a confirmé la mise en service imminente d’une nouvelle infrastructure de stockage, présentée comme la deuxième plus importante d’Afrique de l’Ouest.
L’enjeu dépasse la seule question énergétique. Selon Aboubacar Camara, la démocratisation du gaz butane vise d’abord à protéger la santé des femmes et des jeunes filles, principales utilisatrices du bois de chauffe et du charbon. « Pendant des décennies, nos mamans inhalent quotidiennement les émanations de dioxyde de carbone issues du bois ou du charbon. L’accumulation de ces fumées toxiques sur trente ou quarante ans réduit drastiquement leur espérance de vie. Offrir le gaz butane comme alternative, c’est non seulement protéger leur santé, mais aussi leur libérer du temps pour d’autres activités », a-t-il souligné.
« Assumer et agir »
Refusant de s’abriter derrière l’héritage administratif, le ministre a revendiqué une logique de résultats. « Nous ne sommes pas là pour dire aux Guinéens : voilà ce qu’on a trouvé. Si nous sommes venus aux affaires, c’est parce que nous avons estimé que nous pouvions faire mieux et apporter des solutions idéales », a-t-il déclaré.
Il a annoncé le lancement d’un « processus historique » pour une gestion intégrée des déchets en Guinée, sans préciser l’échéancier ni les modalités de financement.
Les prochaines semaines devraient permettre de mesurer la traduction concrète de ces annonces sur le terrain.



